Etape 6 - La diffusion

La diffusion n’est pas considérée comme la finalité des télévisions participatives. C’est la production, et tous les mécanismes sociaux qu’elle entraîne dans le cadre participatif, qui constitue leur finalité.

Cependant, la diffusion reste un élément fondamental des problématiques de ces télévisions. Elle reste la justification ultime, la finalité sans laquelle la production n’aura pas beaucoup de sens aux yeux de ceux qui la font. Elle reste pour les bénévoles un moyen de motivation essentiel : les émissions réalisées sont destinées à être montrées. Là aussi, la spécificité de la télévision participative amène des pratiques originales.

Diffusion publique de TV Dimbali,

la télé participative des Eclaireuses et Eclaireurs de France

(EEDF - Scouts laïcs), devant l'hôtel de ville de Paris en 2008

La FVDPQ accompagne les EEDF depuis 2007

  • Diffusion et territoire

Par définition, les habitants du territoire sont les premiers concernés par les émissions produites; car c’est aux débats locaux que la télévision veut apporter sa contribution. C’est ainsi qu’elle participe à changer les représentations que les habitants se font d’eux-mêmes et de leur territoire.

L’aire de diffusion correspond donc aux limites du territoire. Ce qui pouvait paraître lié aux contraintes techniques des moyens utilisés apparaît, aujourd’hui que la diffusion par Internet se généralise, comme un enjeu important qui amène à réfléchir sur la façon de conserver ce lien avec le territoire. Sur cette problématique, les réponses des télévisions varient. Le débat reste ouvert et se repose à nouveau à l’apparition de chaque nouvelle technique.

  • Les visionnages collectifs

La télévision de nos jours se regarde chacun chez soi. Au contraire, la télévision participative veut faire de son visionnage une occasion de rencontres et d’échanges, en maintenant la pratique des visionnages collectifs. En effet, c’est le moment privilégié où les habitants du territoire peuvent se retrouver et ouvrir des discussions à partir des reportages. C’est aussi la rencontre entre ceux qui ont réalisé et ceux qui regardent. Dans cette réception, les participants de l’émission comprennent la distance entre diffuseur et receveur et prennent conscience de l’importance de l’interaction entre forme et contenu. Organisées dans des lieux publics, -écoles, cafés, locaux associatifs-, ou même parfois chez des particuliers, ces diffusions sont aussi des événements réguliers où les gens se retrouvent et débattent ; c’est là que, en montrant les productions réalisées, on suscite l’envie d’y participer.

  • Les relais de diffusion

Une modalité de participation mise au point par Télé Millevaches consiste ainsi à associer la population du territoire à la diffusion : chaque mois, la cassette (maintenant le DVD) du magazine est envoyée à des relais (un ou plusieurs par commune) ; là, soit il est montré lors d’une projection collective, soit il est prêté gratuitement à ceux qui en font la demande. Ces relais peuvent être des médiathèques, des écoles, des commerces, des locaux associatifs, ou des particuliers. Ce sont les responsables des relais, souvent bénévoles, qui organisent eux-mêmes l’annonce, le prêt et la diffusion collective.