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 Vidéo-sur-Marne, la télévision Campinoise

Par Marianne Palmieri

Note : 2.9/5 (21 notes)

 

VIDEO SUR MARNE édite chaque trimestre (sauf l’été) un numéro, d’une durée de 30 minutes environ, qui réunit 3 ou 4 films tournés et diffusés dans la ville de Champigny sur Marne dans le Val de Marne. Les diffusions ont lieu principalement dans des cafés de la ville et sur les lieux de tournage des films.

Les sujets retenus sont ceux qui apportent des regards nouveaux sur la ville et ceux qui permettent à partir d’un tournage dans la ville d’aborder un sujet plus vaste - à partir de situations locales amener à réfléchir à des problèmes globaux.
De simples reportages sur des évènements locaux ne sont pas retenus.
Nous tenons à ce qu’au moins l’un des sujets de chaque numéro soit nettement politique.
Nous n’organisons pas de plateau. Ceci n’est pas exclu mais demande des moyens que nous n’avons pas.
Nous sommes attachés à donner à voir des films qui résultent d’un travail sur la mise en forme d’un sujet – davantage une forme documentaire qu’une forme journalistique.
Nous ne cherchons pas à rendre compte de l’actualité locale - les films y sont cependant souvent  associés.

Parmi le sommaire du numéro 15 de Vidéo-sur-Marne paru en mai 2008 :
• Trop c’est trop !!! un rassemblement et une manifestation pour dénoncer les conditions de la prochaine rentrée scolaire avec en habillage des slogans de mai 68


L’idée de sujets de film peut venir de l’une des personnes de l’équipe de VIDEO SUR MARNE mais le plus souvent ces idées viennent de campinois.
Il est rarement possible cependant, d’associer pleinement ces initiateurs à la réalisation du film : manque de motivation pour ce travail spécifique, manque de savoirs-faire, manque de temps. Des coups de main ponctuels sont cependant donnés : travail d’approfondissement du sujet, recherche d’intervenants, réalisations d’interviews, compositions musicales, recherche de lieux de diffusion pour le film terminé…

Ces personnes sont alors amenées à réfléchir sur l’expression par l’image, s’y intéressent la plupart du temps mais pas assez pour sauter le pas de prendre la caméra ou de réaliser un film pour lequel nous pourrions alors tenir la caméra, faire le son et le montage sur leurs indications.
Cette possibilité est cependant difficilement envisageable, surtout en ce qui concerne le montage puisque nous n’avons pas de lieu spécifique, que nous travaillons dans nos chambres ou salles à manger personnelles. C’est cependant arrivé une fois : il s’agissait d’interviews de demandeurs d’emplois à la sortie des ASSEDIC.
VIDEO SUR MARNE est une revue ouverte à savoir qu’elle peut intégrer des films réalisés en dehors des structures de l’association. Les conditions : les films doivent avoir été tournés à Champigny ou réalisés par des campinois et faire moins de 10 minutes. Qu’importe le genre : documentaire, fiction, animation, expérimental.
C’est ainsi que nous intégrons les campinois à la réalisation de ce média de proximité : par le traitement avec eux complètement ou partiellement de sujets de films, par l’intégration de leurs films au numéros de la revue.
Nous les intégrons également en proposant aux gens filmés et/ou initiateurs de sujets, de participer aux débats qui suivent les projections et d’organiser des projections sur les lieux de tournage ou autre.

Le numéro 15 de notre revue est sorti en mai 2008. Nous avons ainsi produit une cinquantaine de films depuis la création de l’association en mars 2003.

Nous tournons en mini DV, nous perchons le son quand c’est possible – sinon le micro (hypercardioid Schoeps) est placé sur la caméra. Nous faisons des prises de sons seuls pour enrichir la bande son ou pour doubler la prise de son d’un interview par exemple, sur un enregistreur portable. Nous montons sur FINAL CUT PRO.

L’association fonctionne avec des bénévoles et du matériel emprunté.
Nous avons sollicité des subventions de fonctionnement et d’investissement auprès de la municipalité et du département sans succès : notre activité ne relève d’aucune ligne budgétaire, n’étant pas reconnue comme activité culturelle ou sociale.
Nous avons cependant en 2005 bénéficié d’une subvention de la Politique de la ville de 750 € pour organiser une projection avec débat sur un marché couvert d’un des quartiers de la ville.
Au niveau institutionnel, notre revue est achetée par abonnement par la médiathèque municipale – les campinois peuvent emprunter gratuitement les DVD de la revue - et par les archives municipales et départementales – la contribution de la revue à la construction d’une mémoire audiovisuelle pour la ville est reconnue.

Champigny est la thématique de cette revue audiovisuelle pour être acteur sur la ville dont nous sommes habitants et que nous connaissons bien. Nous diffusons des informations et apportons des outils de réflexion, nous provoquons des évènements et des échanges d’idées lors des tournages et par les débats qui suivent les projections, nous participons à l’éducation à l’image, nous sommes moteurs d’envies d’expression et de participation à la vie de la cité. Nous pourrions dire qu’il s’agit d’une démarche citoyenne.

Nous menons nous-mêmes les débats à la suite des projections. Nous proposons aux personnes filmées ou aux personnes initiatrices des films, de venir répondre aux éventuelles questions des spectateurs. Les débats sont généralement animés.

L’annonce de nos projections est faite sur un support A5 que nous concevons et qui est tiré à 400 exemplaires. Il est déposé dans des lieux stratégiques : centres culturels, maison des associations, commerces choisis, lieux de tournage des films du numéro. Une affiche couleur A3 conçue par nous-mêmes est déposée dans ces mêmes lieux. L’annonce est envoyée par courrier électronique à un fichier de 300 personnes environ.
Dans les deux bars de la ville où sont projetés systématiquement les numéros de la revue nous arrivons à réunir de 20 à 50 personnes.

Nous ne pouvons pas compter actuellement sur un partenariat avec la municipalité – communiste – pour la diffusion de la revue. Nous recevons régulièrement des refus à nos demandes de diffusion dans des lieux publics municipaux.
Ceci tient nous semble-t-il à un refus de l’équipe municipale de mettre en place une réelle démocratie participative dans la ville. Pour cette équipe la démocratie participative consiste à demander aux campinois leurs avis (elle a organisé l’année précédente des « rencontres citoyennes ») et non à chercher à accroître l'implication et la participation des campinois dans le débat public et la prise de décisions politiques qui s'en suit.
Nous rencontrons souvent des élus sur les lieux de tournage d’événements politiques que nous soutenons pareillement. Les salutations sont distantes de leur fait mais aussi du nôtre, ne voulant en aucun cas être assimilés par eux et par les campinois à un média au service de la municipalité.

Nous allons certainement très prochainement, réussir à mettre nos films en ligne. Nous n’en avons pas encore défini les moyens et mesuré l’impact d’une telle diffusion.

Le fonctionnement interne de la revue suppose que chacun des participants soit responsable. Toutes les décisions sont prises collectivement par celles et ceux qui participent effectivement à la réalisation de la revue. Ce fonctionnement qui demande beaucoup d’investissement de la part de bénévoles réduit d’autant le nombre de campinois prêts à s’investir dans une telle expérience de façon durable.