Le parcours de Marina est transversal aux modes de communication et au militantisme pour la ré appropriation du langage, de la prise de parole et du débat public. Aussi, avant de se poser dans son quartier du 20ème arrondissement de Paris, et de travailler en partenariat avec Riv’Nord sur les problématiques sociales rencontrées par les habitants du Nord-Est parisien, Marina a expérimenté d’autres terrains, notamment celui des forums sociaux mondiaux et des réseaux d’information alternative.
« Avant, j’étais plus sur un ancrage thématique et sur l’idée d’aller chercher dans le monde la parole des gens », explique Marina. « Une logique de regards croisés qui font émerger une démarche d’échanges, de solutions, de pratiques ». Marina me fait remarquer à juste titre que cette logique de regards croisés peut exister dans la fédération : les regards venant des différents territoires des adhérents.
« Le fait d’exister au sein d’un quartier, c’est une autre façon de vivre ensemble une information. Mais j’aime aussi être distancée par rapport à une information et à un terrain. Arriver sur un terrain inconnu permet de créer une autre proximité : vouloir se découvrir l’un l’autre, créer d’autres connivences. Je ne pourrais pas porter une vision uniquement liée à la proximité d’un seul territoire ».
"Faire ensemble doit être plus simple que faire seul”.
Rapsode production est une structure de production associative créée en 1993 et fraîchement arrivée à la fédération en 2006. Marina y produit des documentaires. Rapsode développe également une base de données audiovisuelles, sur différents sujets de société, et met en place des dispositifs interactifs de communication et des formations à la vidéo et aux TIC.
Rapsode et Riv'nord mènent déjà depuis plusieurs années, séparément ou conjointement, des actions locales de production, de formation et de diffusion, en partenariat avec les habitants et les acteurs sociaux, fournissant ainsi une information de proximité, émergeant directement du terrain.
Après son aventure associative avec les Pénélopes (agence féministe d'information créée en 1996), Marina a participé en 2000 au bouquet Canal Web qui mettait à disposition des producteurs d’image la technologie de diffusion Web. « Chacun des co-producteurs proposait ses propres sujets au sein d’une grille commune ».
Colorée de son parcours dans les collectifs alter-mondialistes, la productrice de Rapsode se pose sans cesse la question de la mutualisation : comment faire pour que la mutualisation se fasse de la manière la plus simple possible ?
« Faire ensemble doit être plus simple que faire seul. La crainte qu’on peut ressentir chez certains, c’est d’être dépassé et dispersé par des actions communes.
Mais, on pourrait par exemple échanger des programmes, ouvrir une fenêtre à un adhérent dès que l’on monte un plateau…
Dans le projet d’IDF TV, une TV participative portée par une dizaine de structures locales associatives d’Ile de France (projet refusé par le CSA), « ce cadre régional doit être assez vite dépassé par des émissions thématiques transversales à toutes les autres TV, par le stock commun. L’idée serait de construire un nouveau regard par la mise en confrontation des pratiques sur des sujets qui concernent tous les habitants ».

Dans un village coopératif du MST (Mouvement de Sans Terres), dans le nord-est du Brésil, tournage du Jamais vender a terra conquistada, coprod Rapsode/Riv'nord.
« J’ai une vision de la TV participative où le terme « télévision », je veux le prendre dans son sens le plus large. Donc quand je dis que Rapsode fait de la télévision, c’est faire de l’éducation populaire à partir de l’image partagée dans un lieu public, donc expérimenter et échanger des espaces de parole ».
L’expérience de Rapsode privilégie l’échange, les liens et les partenariats. Une démarche qui favorise la visibilité et des contenus forts. « Rapsode reste nomade, ne reste pas ancrée dans un lieu précis, mais travaille par rapport à des ancrages de sens , de traitement et de contenus ».
« Par exemple, dans le cadre du forum social européen de Saint-Denis, il y avait plusieurs structures producteurs d’images et on a commencé à promouvoir la diffusion de films alternatifs sur grand écran. On a poursuivi cette expérience avec la création de la « coordination pour un autre cinéma » autour du forum social 2003, puis avec une programmation à Paris dans le 5ème, par cycle trimestriel, autour de thématiques militantes ».
« Au Forum social mondial de Porto Alegre, avec les Pénélopes et le réseau de journalistes présents, nous avons crée un fil d’information alternative diffusé sur les sites des Pénélopes, du Monde Diplomatique, et par mail ».
« Au Sommet de la Terre à Johannesburg, en lien avec la Cité des Sciences de la Villette, on a mis en place un site d’information permettant aux jeunes parisiens de poser des questions aux gens qui étaient interviewés par les journalistes à Johannesburg ».
“Quand je dis que Rapsode fait de la télévision, c’est faire de l’éducation populaire à partir de l’image partagée dans un lieu public”.
Marina a également choisi pour sa structure associative de ne pas privilégier une seule économie, mais de jouer la complémentarité ».
« Comment en effet se baser sur des coûts de marché quand on travaille pendant six mois avec des habitants sur un projet commun, interroge Marina ? Si on intègre l’échange de savoir, la participation des bénévoles en tant qu’engagement, la plus-value des structures porteuses (apport du matériel et des compétences), on rentre dans une logique de valeur innovante, politique, où les conditions de travail, la qualité des relations, l’échange des savoirs comptent autant que le reste… Ca devrait dégager des perspectives de développement économique. Mais casser un modèle pour en trouver un autre implique des flottements. C’est donc une vision à moyen ou long terme ».
Ainsi très récemment, Marina a proposé dans le cadre du Centre Média Local monté avec Riv’Nord d’opter pour une économie alternative, en cohérence avec le projet initial de mutualiser le matériel et les moyens humains des deux associations. Dans ce projet, l’équipe de professionnels soutient de jeunes auteurs qu’ils forment et accompagnent à la réalisation des films courts. « Si on fait le calcul du coût d’un film avec une logique marchande, la modélisation du coût devient compliquée. J’ai donc proposé qu’on ne budgétise pas le salaire des auteurs. Mais que les éventuels bénéfices de ces productions soient ré investis dans l’entretien et l’achat du matériel sur cette action. Sans vouloir nier le statut de l’auteur, nous voulons accentuer son rôle au sein d’un groupe et non pas de façon isolée ».
Marina cherche à valoriser le processus, sans oublier le résultat : « On est sur le terrain, on forme des gens (bénévoles, stagiaires) qui vont peut-être trouver un emploi, qui en tout cas acquièrent une expérience multiple, technique, humaine, on produit des films, on les diffuse, on participe à la mémoire d’un territoire. Tout ce travail a des répercutions sur le développement local, sur les changements de la société, ainsi que sur la conscience d’une histoire collective des habitants».
Et Marina de conclure, « Rapsode a décidé de rester à sa mesure, une petite structure de production, pour être plus efficace. Restant dans un espace équilibré, ça me permet d’être plus ouverte dans la mise en réseau et à l’écoute de la réalité. Il s’agit de mesurer la relation entre ses capacités, l’espace qu’on peut prendre, et sa démarche de création ».
Sur le Web :
http://rapsode.free.fr
« Avant, j’étais plus sur un ancrage thématique et sur l’idée d’aller chercher dans le monde la parole des gens », explique Marina. « Une logique de regards croisés qui font émerger une démarche d’échanges, de solutions, de pratiques ». Marina me fait remarquer à juste titre que cette logique de regards croisés peut exister dans la fédération : les regards venant des différents territoires des adhérents.
« Le fait d’exister au sein d’un quartier, c’est une autre façon de vivre ensemble une information. Mais j’aime aussi être distancée par rapport à une information et à un terrain. Arriver sur un terrain inconnu permet de créer une autre proximité : vouloir se découvrir l’un l’autre, créer d’autres connivences. Je ne pourrais pas porter une vision uniquement liée à la proximité d’un seul territoire ».
"Faire ensemble doit être plus simple que faire seul”.
Rapsode production est une structure de production associative créée en 1993 et fraîchement arrivée à la fédération en 2006. Marina y produit des documentaires. Rapsode développe également une base de données audiovisuelles, sur différents sujets de société, et met en place des dispositifs interactifs de communication et des formations à la vidéo et aux TIC.
Rapsode et Riv'nord mènent déjà depuis plusieurs années, séparément ou conjointement, des actions locales de production, de formation et de diffusion, en partenariat avec les habitants et les acteurs sociaux, fournissant ainsi une information de proximité, émergeant directement du terrain.
Après son aventure associative avec les Pénélopes (agence féministe d'information créée en 1996), Marina a participé en 2000 au bouquet Canal Web qui mettait à disposition des producteurs d’image la technologie de diffusion Web. « Chacun des co-producteurs proposait ses propres sujets au sein d’une grille commune ».
Colorée de son parcours dans les collectifs alter-mondialistes, la productrice de Rapsode se pose sans cesse la question de la mutualisation : comment faire pour que la mutualisation se fasse de la manière la plus simple possible ?
« Faire ensemble doit être plus simple que faire seul. La crainte qu’on peut ressentir chez certains, c’est d’être dépassé et dispersé par des actions communes.
Mais, on pourrait par exemple échanger des programmes, ouvrir une fenêtre à un adhérent dès que l’on monte un plateau…
Dans le projet d’IDF TV, une TV participative portée par une dizaine de structures locales associatives d’Ile de France (projet refusé par le CSA), « ce cadre régional doit être assez vite dépassé par des émissions thématiques transversales à toutes les autres TV, par le stock commun. L’idée serait de construire un nouveau regard par la mise en confrontation des pratiques sur des sujets qui concernent tous les habitants ».

Dans un village coopératif du MST (Mouvement de Sans Terres), dans le nord-est du Brésil, tournage du Jamais vender a terra conquistada, coprod Rapsode/Riv'nord.
« J’ai une vision de la TV participative où le terme « télévision », je veux le prendre dans son sens le plus large. Donc quand je dis que Rapsode fait de la télévision, c’est faire de l’éducation populaire à partir de l’image partagée dans un lieu public, donc expérimenter et échanger des espaces de parole ».
L’expérience de Rapsode privilégie l’échange, les liens et les partenariats. Une démarche qui favorise la visibilité et des contenus forts. « Rapsode reste nomade, ne reste pas ancrée dans un lieu précis, mais travaille par rapport à des ancrages de sens , de traitement et de contenus ».
« Par exemple, dans le cadre du forum social européen de Saint-Denis, il y avait plusieurs structures producteurs d’images et on a commencé à promouvoir la diffusion de films alternatifs sur grand écran. On a poursuivi cette expérience avec la création de la « coordination pour un autre cinéma » autour du forum social 2003, puis avec une programmation à Paris dans le 5ème, par cycle trimestriel, autour de thématiques militantes ».
« Au Forum social mondial de Porto Alegre, avec les Pénélopes et le réseau de journalistes présents, nous avons crée un fil d’information alternative diffusé sur les sites des Pénélopes, du Monde Diplomatique, et par mail ».
« Au Sommet de la Terre à Johannesburg, en lien avec la Cité des Sciences de la Villette, on a mis en place un site d’information permettant aux jeunes parisiens de poser des questions aux gens qui étaient interviewés par les journalistes à Johannesburg ».
“Quand je dis que Rapsode fait de la télévision, c’est faire de l’éducation populaire à partir de l’image partagée dans un lieu public”.
Marina a également choisi pour sa structure associative de ne pas privilégier une seule économie, mais de jouer la complémentarité ».
« Comment en effet se baser sur des coûts de marché quand on travaille pendant six mois avec des habitants sur un projet commun, interroge Marina ? Si on intègre l’échange de savoir, la participation des bénévoles en tant qu’engagement, la plus-value des structures porteuses (apport du matériel et des compétences), on rentre dans une logique de valeur innovante, politique, où les conditions de travail, la qualité des relations, l’échange des savoirs comptent autant que le reste… Ca devrait dégager des perspectives de développement économique. Mais casser un modèle pour en trouver un autre implique des flottements. C’est donc une vision à moyen ou long terme ».
Ainsi très récemment, Marina a proposé dans le cadre du Centre Média Local monté avec Riv’Nord d’opter pour une économie alternative, en cohérence avec le projet initial de mutualiser le matériel et les moyens humains des deux associations. Dans ce projet, l’équipe de professionnels soutient de jeunes auteurs qu’ils forment et accompagnent à la réalisation des films courts. « Si on fait le calcul du coût d’un film avec une logique marchande, la modélisation du coût devient compliquée. J’ai donc proposé qu’on ne budgétise pas le salaire des auteurs. Mais que les éventuels bénéfices de ces productions soient ré investis dans l’entretien et l’achat du matériel sur cette action. Sans vouloir nier le statut de l’auteur, nous voulons accentuer son rôle au sein d’un groupe et non pas de façon isolée ».
Marina cherche à valoriser le processus, sans oublier le résultat : « On est sur le terrain, on forme des gens (bénévoles, stagiaires) qui vont peut-être trouver un emploi, qui en tout cas acquièrent une expérience multiple, technique, humaine, on produit des films, on les diffuse, on participe à la mémoire d’un territoire. Tout ce travail a des répercutions sur le développement local, sur les changements de la société, ainsi que sur la conscience d’une histoire collective des habitants».
Et Marina de conclure, « Rapsode a décidé de rester à sa mesure, une petite structure de production, pour être plus efficace. Restant dans un espace équilibré, ça me permet d’être plus ouverte dans la mise en réseau et à l’écoute de la réalité. Il s’agit de mesurer la relation entre ses capacités, l’espace qu’on peut prendre, et sa démarche de création ».
Sur le Web :
http://rapsode.free.fr
