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 Les nouvelles compétences dans les TV participatives

Par Hélène Pierrot

Note : 2.9/5 (18 notes)

 

Au cours des 10 dernières années, les télévisions locales associatives ont développé leurs projets dans un contexte de relance de l’audiovisuel local. De nombreuses demandes de  conseil et de formation de bénévoles sont alors parvenues à la Fédération des Vidéo des Pays et des Quartiers (FNDVPQ), ce qui a conduit celle-ci à envisager de créer un Centre de Ressources, d’Etudes et de Formation à l’Audiovisuel de Proximité, le CREFAP, à Marseille.
La fédération a développé depuis 2002 des actions de formation notamment en direction de bénévoles avec l’aide du FNDVA (Fonds National de Développement de la vie Associative) et d’un Contrat d’Objectif triennal passé avec le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative.

D’autre part, lors des séminaires et universités de 2001 à Castres, 2002 aux Aldudes, 2003 à Albi et 2004 à Chateauroux, la Fédération a mené une réflexion sur les concepts “d’audiovisuel participatif ” et de “télévision participative” à partir des pratiques de terrain propres à ces télévisions.
Depuis, deux études, l’une, “Les nouveaux métiers dans les télévisions participatives” commandée par le ministère Jeunesse  et Sport , l’autre “Modélisation d’une télévisions participative en milieu rural” réalisée à l’occasion d’une expérimentation dans le cadre du programme européen Leader,  ont permis de mieux cerner les caractèristiques des télés participatives. Elles convergent dans la constatation que le projet participatif présente des caractéristiques originales, et  notamment :
- le choix des sujets est collectif et tente de refléter les préoccupations des habitants du territoire.              
- la réalisation des programmes est toujours assurée collectivement par une équipe de permanents entourée d’un volant de bénévoles formés à l’audiovisuel.


Un plateau participatif à Kanaldude

Ce projet participatif va influencer le mode de réalisation, lui conférant des modalités qui le différencient profondément de celui des télévisions classiques, même locales :
- travail collectif et participation des bénévoles allant du choix des sujets à la réalisation, formation des bénévoles dans le moment même du tournage, utilisation de matériel non-professionnel pour le rendre accessible à tous.
- ainsi que leur organisation du travail :  refus de la hiérarchie et de la spécialisation, intégration des bénévoles, prédominance de la polyvalence.

"Ce qui fait la force des télés participatives, c’est une compétence collective..."


La télé participative est ainsi le lieu où se développent des compétences nouvelles : chez les bénévoles qui peuvent se former à la production audiovisuelle ; chez les salariés qui développent une double compétence, en audiovisuel et en animation et formation de bénévoles.
La reconnaissance de cette double compétence par des certifications nouvelles permettrait à des salariés ou à des bénévoles de faire déboucher leur formation au sein de ces télé sur des certifications professionnelles. On en voit l’interêt : avoir un diplôme est en France un atout non négligeable sur le marché du travail, il fournit une reconnaissance professionnelle, donc une reconnaissance sociale. Il s’agirait donc de :
- construire un parcours de formation qualifiant modulaire,
- s’appuyer sur des fédérations d’éducation populaire pour faire reconnaître ces qualifications par le ministère.

Mais ce qui fait la force des télés participatives, c’est une compétence collective née de pratiques nouvelles autour d’un projet commun.
L’expérience de transmettre cette compétence collective a déjà été faite avec succès, et  pourrait l’être à nouveau, pour les structures qui désirent s’engager dans un  mode de réalisation participatif, par la proposition de modules de formation complémentaires, comme « faire un plateau participatif » « construire un projet de télé participative », etc.
Pour cela, nous allons faire agréer ces modules par les financeurs de la formation continue. C’est pourquoi nous avons mis en ligne un  questionnaire sur la formation, qui nous permettra de mieux connaître les besoins des adhérents
Lire aussi sur le site : « les nouveaux métiers des télévisions participatives » (résumé en 9 p).