En février dernier, o2zone TV couvrant désormais les territoires d'Aix en Provence, Marseille et de Salon de Provence s’est installée à l’IMFP (Institut Musical de Formation Professionnelle).
Ambiance Jazz assurée. Je passe la porte et me voilà dans le bain d’un Big Band en pleine répétition. A la caméra et à la régie, deux bénévoles de l’école de jazz.
« L’idée, c’est d’investir les espaces de Salon de Provence. On se fait connaître en osant demander ! Et c’est gagnant-gagnant ! » confie Antoine.
En amont de cette démarche participative, Antoine Dufour et Agnès Maury ont réalisé une expertise pour savoir ce qu’il était possible de faire sur le territoire : « Les bénévoles ont besoin d’un cadre pour s’organiser. On leur propose donc un « Kit participatif » composé d’émissions et de thématiques de programmes adaptés au monde associatif. On y trouve même des émissions « free » : « Génération Vidéo » qui n’impose pas d’esthétique classique, « Carte Blanche », qui donne carte blanche à une personnalité. »
« Les gens adorent être mobilisés » affirme Antoine. « Il faut arriver en « position basse », démystifier la télévision. On a refait le site pour que ceux qui ont un statut de modérateurs puissent diffuser en ligne sans passer par nous. Ca laisse une certaine liberté. »
Si o2Zone TV commence à peine sa deuxième vie, après la riche expérience à Marseille au centre social Air-Bel de la cité de la Pomme, son fondateur n’attend pas que les bénévoles lui tombent dans les bras. Il va les rencontrer dans leurs associations, dans leurs quartiers. Antoine mobilise les habitants, mais également les élus locaux autour du projet de TV participative.
Petit à petit, le collectif du Pays Salonnais va accompagner les autres pôles participatifs : Aix-en-Provence, Marseille Nord, Arles. « On parraine les gens un peu comme dans le passage des ceintures : ceux qui ont des aptitudes parrainent ceux qui ne sont pas formés »
« C’est profondément une télévision humaniste. Je ne me reconnais dans une télévision citoyenne. La TV participative ce n’est pas non plus la critique systématique, ce n’est pas une TV militante au sens d'un combat idéologique, c’est une TV qui a pour but de faire exprimer les gens. La société évolue quand on peut confronter toutes les idées dans le respect des valeurs de la République et des droits de l'homme».

Un plateau participatif à o2zone TV - Salon de Provence
« La télévision participative a également un rôle ethnologique fondamental. La société s’appauvrit dans ces formes de représentations de la globalité de la société (un jeune de quartier en ZUS est un délinquant potentiel....), les classes ne se mélangent plus. Seule la TV participative ne cherche pas à reproduire la TV nationale. On cherche à mettre sous forme télévisuelle des actions et des paroles de groupes, d’individus, en leur donnant tout le temps nécessaire pour qu’ils parlent d’eux ou de leur territoire ».
« On ne filme pas que les mouvements d’opposition. C’est la société en général qui nous intéresse. D’où un certain malaise avec d’autres TV plus militantes. Nous on ne rêve pas d'une hypothétique révolution pour changer la société. On est avec la CIMADE, avec les Etudiants, mais on a couvert aussi les élections municipales et cantonales ».
Côté matériel, Antoine n’y va pas de main morte non plus… En l’espace d’un an, o2zone TV s’est équipée pour la captation avec une régie intégrée « Tricaster ». « C’est une boite faisant office de régie, très ergonomique dont un bénévole peut s’emparer très facilement ». Cinq caméscopes Sony PD170, un petit caméscope Sony DSRA et une caméra d’épaule JVC DSR 11 complètent la jolie panoplie de la Télévision. De quoi donner envie à plus d’un porteur de projet...
En terme de diffusion, o2Zone Tv est actuellement diffusée sur le site web http://www.o2zone.tv. « Pendant les vacances de février, on a noté jusqu’à 13000 connexions par semaine, sans publicité ! »
Antoine se positionne également sur le câble de Salon de Provence qui couvre 80% de la ville (40000 habitants) et compte trouver une place sur Free pour les 20% des habitants non câblés.
La candidature à la TNT a été posée. Un émetteur doit épouser le territoire historique de la Provence centrale (Aix-Arles-Salon).
Autant dire qu’Antoine et son équipe se battent sur tous les fronts en même temps. D’ailleurs, au cours d’une récente discussion, il nous confie réfléchir actuellement à la question de l’image produite par la TV participative, et se poser la question de la forme spécifiquement participative des images d’o2zone TV. “Le secteur participatif est-il en capacité d’inventer des images nouvelles “ ?
O2zone TV a manifestement acquis une expérience et une dynamique dans la démarche participative, issues de sa rencontre avec Alddudarrak Bidéo qui a été parmi les premiers à structurer le bénévolat autour du projet de TV associative.
« L’enjeux de la TV participative, c’est comment elle permet l’appropriation des ressources locales au travers d'un champ de valeur clairement établit autour d'une charte » conclut Antoine. « Par la mise à disposition de l’outil, par le questionnement des bénévoles sur leurs motivations et l’idée qu’ils ont de la TV participative, on a imaginé o2zone TV ».
« Le travail d’un animateur de TV participative, c’est le réseau autant que de faire de la TV ».
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