
Ca y est, le séminaire des Vidéos des Pays et des quartiers a commencé, avec ses 52 participants venus de la France entière, tous réunis à Niolon, haut lieu de plongée sous-marine des Bouches du Rhône. Mais ce qui nous occupera pendant ces trois jours nous plongera dans d’autres fonds, ceux de la télévision participative : sa démarche, ses outils, ses modes de financements, ses partenaires institutionnels, sa pratique. Entre ateliers de formation au tourné-monté et au plateau participatif et séances plénières du matin, ça va cogiter fort.

Ici, on compte autant des structures anciennes que de porteurs de projets, autant de télévisions rurales que de télés de villes. Leur point commun : faire de la télévision autrement, valoriser leur territoire par l’audiovisuel, impliquer la population dans cette démarche de développement local.
Et on y croit dur comme fer à la fédération. C’est la conviction de chacun ici, qu’il est possible de proposer un autre regard, une autre manière de faire en télévision. Pourquoi cette certitude, alors que le contexte économique n’est toujours pas stable pour les télévisions associatives malgré 20 ans de mobilisation pour obtenir un fonds de soutien à l’expression radiophonique et audiovisuelle ? Sans doute parce que les personnes ici présentes sont des gens de terrain, qui voient les effets de leur action au fil des ans se confirmer, et qui peuvent évaluer par les contacts et les liens étroits qu’ils établissent avec les habitants, l’impact notoire de cette démarche télévisuelle.
Mais dans le contexte actuel de réorganisation des collectivités territoriales, comme l’a rappelé Dominique Fleurat ce matin dans la séance consacrée aux financements, les chances de poursuivre cette action pourraient bien se réduirent. Les collectivités risquent de voir leurs compétences optionnelles disparaître et ne plus être à même de financer des projets de développement local portés par les télévisions associatives. Alors, il reste à persévérer, c’est tout. Car nombre d’acteurs associatifs parviennent tout de même, à force de pédagogie, à convaincre élus, institutionnels (CAF, Centre sociaux…) à intégrer cet outil dans la démarche de développement social et local pour laquelle ils sont missionnés.

Après un rapide tour de table des 25 télévisions adhérentes à la fédération, et de trois nouveaux arrivants dans le monde de la télévision associative, la première table ronde a donné la parole aux trois chercheuses qui ont réalisé l’étude sur la télévision participative en milieu rural, ainsi qu’aux quatre télévisions qui étaient l’objet de cette étude : Aldudarrak bidéo au Pays basque, TéléMillevaches en Limousin, Trégor Vidéo en Bretagne et Vidéo Brenne en Région Centre.
Cette étude financée par le programme Leader + et par la Fondation de France a donné lieu à l’édition d’un guide, édité par la Fédération, et a permi à trois structures sur quatre concernées d’évoluer dans leur démarche participative. Elles ont pu confirmer le rôle majeur de la formation des bénévoles. Elle ont structuré le projet autour de nouvelles personnes par des réunions décentrés et par l’accompagnement des bénévoles dans les différentes étapes de réalisation. Elles ont crée des comités de rédaction et de pilotage du projet associatif pour associer habitants et partenaires institutionnels au suivi du projet.
Aujourd’hui, un des enjeux de la fédération est sans doute de valoriser toutes ces actions et le poids économique qu’elles représentent. Un travail d’analyse est en cours pour estimer quantitativement les résultats d’actions sociales qui demandent des mois de travail en amont de leur diffusion auprès du public.

L’heure tourne, et cet après-midi, les deux ateliers de formation au tourné-monté et au plateau participatif ont planché sur la réalisation de programmes sur le thème de l’UCPA de Niolon qui accueille le séminaire cette année, ainsi que sur l’organisation du plateau qui se déroulera samedi 17 octobre de 16h à 17h sur les terrasses du fort de Niolon.
Il s’agit autant de transmettre aux adhérents la démarche d’initiation au tourné-monté et au plateau participatif, que d’aboutir à une production à l’issue de la formation. Les formateurs sont aguerris à la transmission des compétences aux bénévoles et prennent soin d’insister sur la démarche de l’action-formation auprès des participants. Donner accès aux outils, créer une culture commune entre professionnels et bénévoles est en effet une dimension forte de ces formations.
Ce soir, carte blanche à quatre adhérents des Bouches du Rhône, Copsi Vidéo, Fokus 21, Images et paroles engagées, Anonymal qui présenteront des extraits de leurs programmes ainsi que leur démarche singulière de production.
A demain pour de nouvelles aventures autour de la préparation de l’université européenne des médias participatifs !
