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 Communiqué de presse

de la Fédération des Vidéos des Pays et des Quartiers

 

Rencontre des  télévisions associatives à Niolon :

Du 15 au 17 octobre dernier, la Fédération nationale des Vidéos des Pays et des Quartiers (VDPQ) organisait son 14ème séminaire des télévisions participatives à Niolon (13).

 

Cette rencontre nationale a rassemblé 52 personnes issus d’une trentaine de télévisions  et associations locales de production audiovisuelle venant de 15 départements.

 

En formant le public de proximité, en démocratisant l’accès aux outils audiovisuels, en donnant la parole et en permettant aux habitants de participer à la réalisation des programmes, la télévision participative s’inscrit pleinement dans la démarche de l’économie sociale et solidaire.

La télévision participative remplit ainsi un rôle de médiation et de valorisation du territoire et de ses acteurs.

S’inscrivant dans une économie locale faisant appel pour 60% en moyenne aux collectivités locales et pour 40% à de l’autofinancement, la télévision associative locale participative s’appuie sur un réseau de production mixte composé de professionnels, de bénévolat associatif et d’habitants.

Trois jours d’échange, d’ateliers et de réflexion qui ont permis aux adhérents de la Fédération et aux porteurs de projet de se rencontrer sur un même lieu. L’occasion  de confronter leurs projets à la diversité des pratiques existantes dans la Fédération : 25 ans d’expérience de la télévision locale associative.


Quatre temps forts ont marqué ce rassemblement :

 

  1. Les VDPQ préparent pour juillet 2010 une rencontre internationale des médias participatifs en région PACA.

Après les universités européennes de 2001 et de 2003, cinq pays sont d’ores et déjà partenaires de cette édition 2010: l’Irlande (Northern Visions), l’Espagne (Teleduca), l’Allemagne (Imal), la Slovaquie (Golden Beggar) et la Croatie (Restart).

En amont de la rencontre de juillet, les cinq partenaires réaliseront un film sur leur propre démarche participative. Ces films seront présentés au cours de l’Université.

Cette rencontre sera ouverte à un large public international : praticiens, universitaires, chercheurs, associatifs, réseaux de l’économie solidaire et sociale, de l’éducation populaire, publics des médias participatifs. Trois cent à quatre cent personnes sont attendues pendant les trois jours de l’Université.

A l’issue de cet événement, des échanges de salariés et de bénévoles seront organisés entre partenaires européens pour échanger les pratiques, les démarches et développer des projets communs à l’échelle européenne.



A travers ce projet, la Fédération affirme sa volonté de construire et de soutenir le réseau européen des médias participatifs, ainsi que de développer sur le long terme des partenariats entre praticiens de terrain.

  1. Les plénières qui ont restitué les trois dernières études de terrain réalisées par la Fédération et ses adhérents : l’étude sur la télévision participative en milieu rural, édité par la Fédération en 2008 sous la forme d’un guide ; l’étude et le film documentaire sur l’expérimentation de télévision participative en Picardie, édités en février 2009 ; le rapport d’expérimentation sur la dynamisation du tissu associatif local par la télévision participative.

  1. Les ateliers de formation au tourné-monté et au plateau participatif, destinés aux bénévoles et aux salariés des adhérents. Ces formations sont conçues pour transmettre les compétences de réalisation de films courts et les compétences de conception et de réalisation d’un plateau télé entièrement porté par des bénévoles.

Cette année, le thème des tournés-montés et du plateau télé était le site de l’UCPA de Niolon qui accueillait le séminaire.

  1. Les deux soirées de diffusion de programmes ont proposé une carte blanche aux huit adhérents des Bouches-du-Rhône. Des extraits de programmes ponctués de débats avec le public ont permis aux participants de mieux connaître la démarche de travail des acteurs locaux et de découvrir des méthodes participatives originales.

L’ensemble des échanges, des pratiques et expériences présentées au cours de ce séminaire 2009 confirment la vivacité de la démarche participative en télévision locale.

Tout en soutenant le réseau local de ses adhérents depuis plus de 20 ans, la Fédération des Vidéos des Pays et des Quartiers représente également au niveau national cette nouvelle vision de la télévision. Elle a pris et continue à prendre des positions fortes en faveur des médias libres et indépendants :

Pour une prise en compte du rôle structurant des médias de proximité :

Si l’économie nationale et locale de la télévision commerciale montre ses limites depuis plusieurs années, et plus particulièrement ces derniers mois, en poussant certains acteurs privés de la télévision à déclarer forfait, l’économie hybride de la télévision associative attire l’attention des collectivités territoriales par sa stabilité depuis plus de 25 ans.

Même si la loi audiovisuelle de 2000 a autorisé théoriquement les éditeurs de programmes associatifs a diffuser sur le réseau hertzien, l’extinction de l’analogique et le déploiement de la TNT ne s’avèrent pas adaptés à la réalité de terrain des télévisions de proximité. Les zones de diffusion de la TNT restent encore trop larges, couvrant parfois la superficie d’une région. Par ailleurs, les coûts sont hors de portée d’une télévision associative.

Malgré les recommandations de la Fédération des Vidéos des Pays et des Quartiers pour obtenir une réelle prise en compte des projets associatifs, pour respecter les échelles de territoires réduites et les besoins de points bas en diffusion, le CSA n’a toujours pas donné raison à cette réalité de terrain qui s’affirme pourtant comme un modèle en pleine croissance.

Aussi, la Fédération attire-t-elle l’attention du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, de l’Etat et des élus locaux, sur la nécessité de tenir compte des avancées sociales générées par ces télévisions locales associatives et sur la nécessité de créer un fonds de soutien à l’expression radiophonique et audiovisuelle, afin d’assurer pérennité et visibilité à ces actions déterminantes pour le développement local.

Un soutien appuyé du comité des ministres du Conseil de l’Europe :

dans sa Déclaration sur le rôle des médias associatifs dans la promotion de la cohésion sociale et du dialogue interculturel du 11 février 2009, le Conseil de l’Europe souhaite que soient reconnus :

-       les médias associatifs « comme un secteur complémentaire des médias de service public et des médias commerciaux »

-       leur contribution « à encourager le débat public, le pluralisme politique et la sensibilisation à des opinions diverses »

-       leur contribution  à la promotion du dialogue interculturel et de la tolérance, « en favorisant l’engagement de la population et la participation démocratique aux niveaux local et régional »

-       « la nécessité d’examiner la façon d’adapter les cadres juridiques permettant la reconnaissance et le développement des médias associatifs »

-       « le caractère souhaitable du fait d’attribuer aux médias associatifs, dans la mesure du possible, suffisamment de fréquences, à la fois dans les environnements analogique et numérique, en veillant à ce qu’ils ne soient pas défavorisés une fois réalisée la transition vers l’environnement numérique »

-       « la valeur sociale des médias associatifs et d’étudier la possibilité de financer, directement et indirectement, ce secteur aux niveaux national, régional et local, tout en tenant dûment compte des aspects concurrentiels ».

La Fédération invite tous les acteurs du développement local intéressés par l’outil de la télévision à participer à sa prochaine université européenne des médias participatifs.